Chantier Nature avec Les Blongios #1 : Sus aux ajoncs !

Bonjour à tous et à toutes.

La veille du ramassage de déchets sur la plage de Tardinghen, certains membres de l’association ont été conviés à un chantier nature, animé par Denis des Blongios et Sébastien du Parc Naturel Régional des Caps et Marais d’Opale.

Rendez-vous : 9h à Audembert, sur le parking à côté de la Mairie-Ecole. La petite troupe se regroupe rapidement : Vincent, Denis, Jean-Baptiste, Sébastien et ses deux aides tout fraîchement débarqués dans le nord de la France et découvrant petit à petit les lieux. Thomas nous attend en haut du Mont de Couple et Catherine viendra un peu plus tard.

Nous nous mettons en route, les véhicules transportant le matériel iront en haut du mont pendant que les autres se gareront au pied et grimperont par le chemin d’accès habituel. Vincent et Jean-Baptiste arrivent quand même à se tromper de chemin, bravo à eux ! Mais tout rentre dans l’ordre et tout le monde se retrouve (enfin presque) au niveau du belvédère.

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Il est temps de passer aux explications et aux mesures de précaution et de sécurité. L’intérêt de cet endroit est multiple, comme le dit Sébastien et dont les propos ont été étayées par les informations du site internet des Réserves Naturelles :

  • Le site étant un important poste d’observation sur le détroit du Pas-de-Calais lors de la Seconde Guerre Mondiale, il a été sujet à de nombreux bombardements par l’aviation alliée – mais les bunkers sont encore là, en bon état. Ceux-là ont occasionné des trous sur le mont, dévoilant à l’air libre la couche de craie le composant. Des plantes à caractère spécial, se développant uniquement sur ce type de surface, ont vu le jour et rendent ainsi le site particulièrement intéressant pour l’étude de cette flore (plus d’une centaine d’espèces ont été recensées dont 7 espèces protégées régionalement ainsi que 13 rares à exceptionnelles), dont une partie est dire calcicole – qui apprécie particulièrement les sols riches en calcium, le composant principal de la craie.
  • Le Mont de Couple est située à 3,5 kilomètres de la mer, il fait partie de ce qu’on appelle la partie nord de la Cuesta boulonnaise avec les Mont de Sombre et d’Hubert (composante de la chaîne de l’Artois). Ses particularités au niveau de la flore et les facteurs précédents ont permis à cet endroit de posséder un faune diverses et variés : plus d’une soixantaine d’espèces d’oiseaux, des papillons, des reptiles et des amphibiens. Les 13,6 hectares de la réserve naturelle renferment de petits trésors qui sont nécessaires de protéger et cette zone est peu exposée à la superficialisation des terres, problématique importante dans notre pays et notamment dans les régions à forte densité de population comme la nôtre, rendant cette protection encore plus importante.

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Denis prend le relais et parle des différents outils que nous allons utiliser aujourd’hui : scies à élaguer, houes, hache, crocs, fourches, bêches, cisailles… Les rappels de sécurité ne sont jamais inutiles, même si nous connaissons les risques et les conséquences d’un geste malheureux. Sur le ton de l’humour, le sujet est malgré tout sérieux, les conseils sur la taille des ajoncs d’Europe, cibles de notre venue aujourd’hui. Ces arbustes épineux à souhait se développent rapidement et leur expansion entraîne un recouvrement du sol à l’exposition de la lumière et donc une extinction des pelouses calcicoles qui font la particularité de ce lieu. De plus, les bovins, qui viennent paître sur le versant où nous allons faire le chantier nature, ne peuvent plus accéder à leur endroit de pâturage car bloqués par ces épineux qui forment une barrière et qui ne peuvent plus participer au cycle de vie de ces pelouses.

Il est temps d’aller sur les lieux du chantier. Le vent, auquel nous étions exposés lors des introductions, n’est plus qu’un lointain mauvais souvenir. Nous nous risquons plus de devenir des arbustes anémomorphes – qui prennent une forme issue du vent dominant – comme ceux de la réserve, tellement le gros courant d’air nous frigorifiait alors.

img_1379La zone que nous allons « traiter » est proche de celle que nous avons fait l’année dernière – à la même époque de l’année – et nous voyons déjà les arbustes que nous allons devoir enlever pour avoir un plan propre pour les bovins. C’est déjà la troisième année que nous faisons cela, entre les trois structures (Nature Libre, Les Blongios, le Parc Naturel), et nous espérons que cela va continuer et à devenir un rendez-vous incontournable pour les adhérents.

Chacun se munit d’un outil pour s’attaquer directement aux arbustes moyens d’ajonc d’Europe, entourés parfois de hautes herbes qu’il faut tailler pour accéder à la base. Cela cisaille, scie, creuse dans l’objectif de pouvoir retirer la souche de l’envahisseur. Mais il refuse de céder et de quitter le champ de bataille, la dureté du bois – se rapprochant de l’olivier dans cette caractéristique – occasionne des énervements et des mots doux, échappant des bénévoles. Quand ce n’est pas le tronc qui pose problème, c’est la souche ou la racine pivot.

Toutefois, les premières souches commencent à être sorties de terre. Nos deux petits img_1388aides, respectivement poitevine et breton, taillent tout en posant ses questions sur les animaux présents dans le coin et sur la côte. Vincent, isolé dans un coin, creuse autour d’une souche pour pouvoir l’extirper – après avoir coupée les racines – avec la houe. Denis et Jean-Baptiste font un concours de la plus grande piplette, tout en continuant à sarcler et à scier. Sébastien prépare le feu pour consumer la collecte alors que Thomas se lance à corps perdu à l’arrachage de l’ajonc.

Catherine arrive avec le goûter. L’estomac va savourer le gâteau au chocolat, fondant à souhait, qui se fait très vite dévorer par les ogres de la bande. Un repos bien mérité après ces premières heures de chantier. Deux bras de plus ne seront pas de trop pour continuer et avoir ainsi une surface suffisante pour l’accès aux animaux et au développement de la pelouse calcicole.

C’est reparti. Le feu prend bien, alimenté par les branches d’ajonc et d’un peu d’herbe sèche. Les discussions reprennent, sur tout et n’importe quoi : politique, social, faits divers, blagues nulles… Tout y passe, notamment par Denis et Jean-Baptiste, qui continuent de débiter leurs anecdotes et leurs pensées, rejoints par Thomas qui n’est pas petit joueur à côté. Au contraire de Vincent, qui se fait discret et qui continue de sortir les souches de leur élément chtonien. Certaines résistent aux assauts de la houe et de la scie, exaspérant encore les protagonistes.

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Le temps passe à une vitesse folle. Il est déjà plus de 13h30 lorsque nous nous mettons à table. Pique-nique à l’abri du vent, avec un peu de chaleur apportée du feu. Quelques oiseaux, de diverses espèces, tournoient dans le ciel gris. Cela change de cet avion-école qui n’avait pas arrêté de passer au-dessus de nous lors de la matinée, à une altitude assez basse qui permettait de voir distinctement son immatriculation. Une pluie fine et brève, provenant de la mer, nous arrose quelque peu mais sans trop d’effets. On va vite arriver à la fin du chantier, il faut s’y remettre une dernière fois.

img_1386Quelques ajoncs sont enlevés et amenés au bûcher. Le fermier d’à-côté nous rend visite, discutant avec Sébastien. Pendant ce temps-là, Jean-Baptiste arrive à casser une houe-hache en voulant extirper une grosse souche. Thomas se moque de lui. Trop de muscles, Jean-Pierre. Catherine et Leia discutent en taillant les ronces et les branches. Notre breton commence le sciage d’un tronc. Vincent continue son travail de sape. Denis parle. Les trous sont grands, mettant à vue la couche de craie qui était cachée par l’humus et les herbes. Et la terre remuée servira de couverture pour voir les traces ces animaux, qui peuplent cet endroit. Nous avons pu remarquer que les lombrics sont déjà très actifs, effectuant sans relâche leur travail de transformation organique de compostage.

Il est temps de rentrer. Vincent et Jean-Baptiste finissent de se battre avec un tronc qui résiste au sciage et remportent la victoire par KO technique, avec difficulté avouons-le. Le feu consume les dernières branches et souches. Il faut remonter les outils au niveau du belvédère, chacun prenant une partie et assez léger pour grimper la pente. Les dernières photos sont prises, un magnifique paysage sous un soleil couchant, qui a fait une apparition certes tardive, suscitant des prises de vue sur l’intérieur des terres.

Chacun déclame ses remerciements, des questions sont posées aux nouveaux pour savoir si cela leur a plu. La dernière photo va être prise – avec le Cap Blanc-Nez et le détroit du Pas-de-Calais en fond, pour immortaliser cette bande de joyeux lurons qui ont pris soin d’un lieu magnifique, qu’il faut protéger. Et le rendez-vous est déjà pris l’année prochaine pour une nouvelle édition.

Nous repartons, chacun de notre côté, retrouver nos foyers ou pour aller au boulot. Avec des souvenirs plein la tête et la satisfaction d’avoir participé à une action qui ne rentre pas dans le quotidien.

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Nous vous encourageons à participer à un chantier nature comme celui-ci. Les Blongios proposent, tout au long de l’année, des activités dans la région de restauration de lieux écologiques. Des actions, communiquées par des cellules comme J’agis pour la Nature – appartenant à la Fondation Nicolas Hulot – ou le programme fournie par l’association, sont visibles sur leur site ou d’autres plates-formes. Vous verrez, c’est à la fois distrayant et éducatif, pour les jeunes et les moins jeunes.

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Le week-end n’était pas terminé, car un nettoyage de plage était programmé le lendemain, pas très loin, à Tardinghen. Mais, vous connaissez déjà ce qui s’est passé ;).

Merci d’avoir lu cette petite histoire de chantier nature et nous espérons que vous avez apprécié.

Écologiquement.

2 commentaires sur “Chantier Nature avec Les Blongios #1 : Sus aux ajoncs !

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