Netev#2 – Audresselles – 21/05/2017 : Eh ! Cran Mademoiselle !

Bonsoir à tous et à toutes.

La fête de la Nature. Une journée dédiée à elle. Mais certains diront que c’est toute l’année qu’il faut pour la protéger et la préserver, ce que nous tentons de faire avec nos (humbles) moyens.

Néanmoins, il s’agit d’une occasion pour découvrir des coins, proches de chez eux, magnifiques et qui sont malheureusement touchés par la pollution. Les enfants peuvent ainsi prendre conscience, en même temps que leur parents, sur la problématique des déchets qu’ils émettent en mangeant un goûter ou en se mouchant par exemple.

13h. Une dizaine de personnes est venue. Moins que d’habitude, peut-être est-ce dû à l’heure précoce du rendez-vous ? Mais il n’y a pas d’heure pour les braves et les courageux. Cette horaire permettra aux personnes qui le désirent d’assister aux ateliers que propose Nausicaa à partir de 15h sur la plage du Noirda. De plus, le fait que cela soit en petit comité sera l’occasion de discuter plus facilement, c’est un nettoyage d’un autre genre, différent et tout aussi intéressant qu’un ramassage de grande ampleur comme lors des JAC ou des grands Netev comme à Grand-Fort-Philippe.

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La plupart des bénévoles venus nous aider sont des primo-ramasseurs. Nous les remercions du fond du cœur car ils ont un fait un boulot du tonnerre pour une première fois. Les explications sur les déchets à ramasser et les risques encourus sont plus que nécessaires dans ce cas-là car l’expérience est absente, surtout pour les enfants. Bois peint ou clouté, verre cassé, médicaments ou seringues : des déchets très particuliers auxquels il faut faire très attention, même pour les habitués.

On est parti. Direction : le cran Mademoiselle. Le troisième cran, en partant du Cap Gris-Nez, après celui des Œufs et celui du Poulet. C’est une zone que nous n’avons jamais fait, ainsi nous pouvons faire un état des lieux précis de la pollution à cet endroit. Les enfants sont déjà devant, alors que nous quittons le bivouac doucement mais sûrement, vers notre lieu de nettoyage.

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Vous voyez les côtes anglaises sous les nuages ?

Les personnes discutent, dans un cadre qui nous rend presque insignifiant, dominés par ces falaises datant de 150 millions d’années, du Jurassique, des pierres qui ont vu passer les dinosaures. Vers l’horizon, les falaises blanches du Kent se révèlent, comme des géants de neige impassibles. Nous sommes qu’à 34 km d’elles, si proches et pourtant si loin, surtout pour les migrants en quête de liberté et de possibilité de travail avec leurs familles.  Nous ne sommes jamais loin de la géopolitique, même avec la préservation de l’environnement.

Dans un cadre moins sérieux mais tout autant instructif, lorsque cette vision se dévoile au regard de jeunes lycéens ou d’adultes, les réponses à la question « Savez-vous ce que c’est ? » – en indiquant les falaises anglaises de l’autre côté du détroit – varient et font esquisser des sourires, sans devenir moqueurs car il est normal de ne pas connaître, surtout lorsque l’on n’est pas du tout de la zone géographique : nous pouvons entendre « Normandie », « Cap Blanc-Nez », « Belgique » parfois. Mais lorsque nous expliquons qu’il s’agit du Royaume-Uni, par delà cette mer appelée Oceanus Britannicus durant l’époque romaine, les visages montrent de l’étonnement, surtout à cause de la faible distance qui nous sépare entre deux nations jadis rivales.

IMG_2440-minRevenons à notre événement. Après avoir laissé les chariots de transport avant les grands rochers, nous arrivons à la zone de nettoyage. À première vue, cela semble propre, presque immaculée, mais quand nous regardons de plus près, cela est moins nette. Les galets sont accompagnés de morceaux de polystyrène et de polystyrène, qui prennent la forme et la couleur de leur voisinage, sorte de mimétisme artificiel qui rend compliqué un nettoyage, car il faut parfois un œil exercé pour les détecter – difficulté qui sera de moins en moins importante au fil des ramassages car le cerveau aura été entraîné (puisque nous vous disons que collecter est un exercice d’hygiène mentale, cela repose et exerce dans le même temps !).

Un petit groupe se forme à l’embouchure du ruisseau côtier qui descend le cran, où lesIMG_2441-min algues et les membranes d’œufs de raie et de roussette côtoient les morceaux de plastique : pneus, mousse de protection ou d’isolation, bâtons de sucettes, mouchoirs en papier, petites bouteilles de vinaigrette (!)… Les enfants s’étonnent de voir ces déchets à cet endroit, se posant des questions sur les raisons de cette présence ici.

D’autres bénévoles coupent au couteau et à la scie japonaise les monceaux de filets coincés dans les rochers, le second outil rendant plus facile la tâche (un très bon investissement à conseiller !) d’enlever ces cordages qui ont demeurés là depuis des années la plupart du temps.

Certains partent plus au nord, mais dans ce coin là, la pollution est limitée à quelques macrodéchets rapidement ramassés comme un morceau de bateau en fibre de verre, un bidon flotteur provenant de notre bateau préféré – le Caprice des Temps II de Boulogne-sur-Mer – ou une bouteille de jus de citron provenant des Pays-Bas (symbole de la pollution issue du tourisme). Mais le point de collecte le plus important reste le lieu de déversement du ruisseau.

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En allant plus en amont, nous voyons que certains objets ont été enterrés au fil du temps, devenant des bases de soutien au chemin longeant le cours d’eau. Impossible alors de les retirer sans occasion des dégâts et des effondrements, ce qui rendrait totalement caduque notre intervention et empirerait la situation. Ce serait intéressant d’intervenir sur ces endroits, pour un nivellement et un nettoyage plus important en fauchant les hautes herbes avec des outils manuels, car bon nombre de déchets sont cachés et restent encore pendant quelques mois voire quelques années. Nous avons pu remarquer : une caisse pour le transport des poissons, des morceaux de polystyrène, des barquettes, presque exclusivement du plastique.

IMG_2471-minIl est l’heure de revenir à la tente. Car il faut tout ramener au bivouac pour comptabiliser la collecte. C’est le moment le moins agréable de chaque nettoyage, les sacs pouvant peser près de 30 kg s’ils sont totalement remplis de filets et de cordages par exemple. Au moins deux d’entre eux ont l’air de peser dans les 25 kg, nous allons avoir une masse totale assez étonnante pour une zone « propre ». Les chariots doivent être relevés et transportés à bout de bras, impossibles de passer les rochers en les faisant rouler.

Le spectacle étonne quelques touristes, qui voient des personnes avec de gros sacs poubelle et transportant des choses bizarres. Des regards curieux se posent sur les explications peintes sur les murs de la tente, des documents ont été consultés… Les personnes qui se sont inscrites commencent à arriver, les organisateurs de Nausicaa étant déjà là.

IMG_2478-minMais ce n’est pas encore l’heure. Les estomacs se remplissent, l’eau soulage les gorges assoiffées par cette chaleur, le soleil a tapé sur les visages qui sont pivoines et les coups de soleil ont dû se ressentir le soir. Les discussions s’animent, nous parlons de tout et de rien, Daniel fait son spectacle comique, au bonheur de tous. Thomas explique le prochain nettoyage. Jean-Baptiste prend les photos pendant que Marie-Jeanne, Jean-Pierre et Vincent font la pesée. D’ailleurs Vincent a failli mettre un coup de peson dans la figure à Jean-Pierre, car le sac s’est dénoué lors du levage (nous aurions été bien pour expliquer la situation).

La photo finale prise, il est temps de connaître le verdict :

150 kg  de déchets pour cet endroit.

Pour 15 personnes présentes, cela fait un ratio de 10 kg par tête. Un ratio très honorable qui montre la volonté de tous de nettoyer.

Certains partent écouter les représentants de Nausicaa, qui prennent le relais, alors que la plupart repartent vers leurs voitures en ramenant les sacs au parking. Un effort avant le dernier qui sera de ramener le matériel au véhicule de l’association. Il est 16h quand nous retournons chez nous, d’ordinaire nous serions encore en plein ramassage, mais nous étions dans un nettoyage événementiel. Autre action, autres horaires.

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Nous continuons de voir les côtes anglaises. Va-t-il pleuvoir ? Il semblerait que non, contrairement à ce que l’adage local dit. Il n’y a plus de saison ma petite dame. Savourons plutôt ce temps magnifique qui révèle les paysages de ce coin de France méconnu et qui mérite pourtant de l’être, que nos amis allemands et surtout belges apprécient grandement.

Nous nous retrouverons le 10 juin à Sainte-Cécile-Plage pour un autre Netev qui se déroulera toute la matinée, pour la Journée Mondiale des Océans. Rendez-vous à la plage de Sainte-Cécile-Plage à 9h30, vous serez accueilli par un petit-déjeuner. Si vous voulez en savoir plus, cliquez sur ce lien.

À dans 3 semaines !

Écologiquement.

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